On respire la vie et la culture marine à Baiona dans ses rues baignées de brise marine, celles-ci sont étroites et pavées, les édifices ont généralement des arcades et sont en pierre ou granit et d’un seul étage relativement bas. Ses balcons sont caractéristiques et l’entrée de ces maisons a des portes larges à double battant avec des fenêtres basses à peine à hauteur de ceinture. En face de la ballade maritime s’étendent les façades des maisons, dans leur majorité de style marin avec des vitres avec vue sur mer.
Aussi les pazos sont bien conservés, venant d’époques de grande apogée économique et commerciale et de l’importance stratégique du port de Baiona. Nous remarquons l’architecture militaire de la muraille défensive de la forteresse de Monterreal qui a défendu tant de fois le peuple de Baiona au fil des siècles. Elle a aussi été avantagée dans les bonnes nouvelles comme l’arrivée de la caravelle Pinta apportant les nouvelles du Nouveau Monde.
Une preuve d’une partie de cet héritage historique et du patrimoine matériel de tradition marine est conservée dans la Maison de la Navigation et dans le musée flottant de la Caravelle Pinta.
D’autre part, la culture marine de Baiona s’apprécie aussi avec les ruines de structure civiles comme les pépinières de la ballade de Monte Boi, le mur de l’ancienne criée en face de la plage Barbeita, le puits où était collectée l’eau et aussi les constructions actuelles comme le quai, les jetées, la criée actuelle et les ports de plaisance.
Baiona possède en plus une sculpture sur le mont Sansón représentant la dévotion des marins. La vierge du Rocher est une statue qui s’érige au sommet du mont et d’où on peut contempler la mer. C’est la vierge du Carmen, patronne des marins, soutenant soigneusement une barque.
Il est aussi typique, comme dans tout village marin, de célébrer la sainte en la sortant dans une procession maritime colorée sur les eaux de la ría. En terminant la traversée, il est habituel de faire une offrande aux personnes mortes en mer, en jetant une couronne de fleurs dans les eaux du port.
Les pécheurs de Baiona utilisaient la gamela (bateau traditionnel) comme principal ustensile de travail. Il s’agit d’une petite embarcation en bois de 5 mètres. Elle a la proue et la poupe aplaties et un fond plat qui se déplace à la rame ou à la voile. En fonction de ce qu’ils allaient capturer, ils étaient deux par deux pour le bar, trois par trois pour réaliser la technique du trémail, quatre par quatre pour le racú. Ils utilisaient les arts mineurs, c'est-à-dire, de filet maillant, des hameçons et les nasses.
Ils sortaient très tôt tous les matins en mer pour pêcher des bars, des aiglefins pour gagner leur subsistance. Ils ramaient très tôt le matin en passant par les Estelas en face de Monteferro, atteignant les îles Ciés, voire plus loin.
Une fois le poisson obtenu commençait le vrai défi. Ils rentraient au port à toute vitesse pour pouvoir attraper le tramway de huit heures du matin, dans lequel ils chargeaient la marchandise du jour, qui serait ensuite vendu fraiche dans les diverses communes de la zone. Tout se jouait à ce moment précis. Ne pas arriver à temps avec le poisson signifiait beaucoup d’heures perdues. Et devoir attendre le lendemain pour essayer à nouveau.
Le retour au port après la pêche était très dur vu que les kilos de poisson capturé ajoutaient un poids considérable à traîner. De plus, auparavant les filets étaient en lin et ils absorbaient de l’eau en se mouillant, prenant un poids plus important. L’effort réalisé était alors énorme.
Les bras et le dos en souffraient énormément, la peau des mains durcissait à force de ramer et d’utiliser autant les arts de la pêche, sortant toujours plus de cal.
Mais le travail ne finit pas là, les gamelas avaient besoin d’être entretenues et beaucoup de fois elles étaient montées sur la plage, les arts de la pêche devaient être réparés pour leur prochain usage. C’est là que les remmailleuses de filet entraient en action, qui avec un travail moins visible, se chargeaient de la réparation de ces ustensiles de pêche.
Baiona est une municipalité de la province de Pontevedra située au sud des Rias Baixas. Sa situation est sans pareil pour les activités en lien avec la mer comme la pèche, la pêche aux fruits de mer et les sports nautiques. C’est pour cela qu’elle se fait remarquer, étant un quartier marin depuis de nombreuses années.
Les personnes qui travaillent en mer, dans leur majorité des marins, dédient une grande partie de leur vie à vivre sur un bateau pour obtenir l’aliment qui pourra ultérieurement être vendu au port. Il s’agit d’un travail très dur, une grande partie de leur journée de travail se déroulant la nuit ou très tôt le matin, quand la lumière n’éclaire pas et que les vagues peuvent être très hautes et dangereuses.
À Baiona, de nombreux et importants professionnels de la mer vivent ont vécu. Parmi eux, nous trouvons Juan Leyenda Marcote considéré comme un héro dans cette ville côtière. Il a commencé comme marin quand il avait 11 ans. Lui et son père péchaient à Baiona, ils ont élargi leur territoire vers le Finistère (province d’A Coruña), où malheureusement son frère a perdu la vie sur un bateau après une forte houle. Dans la ville, comme dans beaucoup de villes de la côte, on trouve un monument dédié aux marins réalisé par Manuel Quintas, un sculpteur populaire de la zone.