L’art du filet maillant, utilisé dans les zones côtières, se nomme en Galice « xeito », c’est sans doute l’art de la pêche à la sardine qui est le plus ancien et le plus primitif. Il s’agit d’un art de la pêche totalement artisanal et durable, utilisé par les pêcheurs galiciens depuis des siècles pour la pêche à la sardine à l’entrée des rías.
Le xeito est un chiffon rectangulaire dont les extrémités, supérieure et inferieure, ont deux cordes. La corde supérieure incorpore une ligne de bouées qui permettent au xeito de flotter à une profondeur variable, l’inferieure étant lestée avec des plombs permettant de couler le chiffon dans l’eau.
Ce linge reste attaché à l’embarcation grâce à une ligne à longueur variable qui permet de tirer le xeito derrière le bateau même. Le grand avantage de cet art de la pêche du filet maillant est qu’il permet la prise sélective des sardines, qui restent collées au linge et doivent en être retirées manuellement, une par une, évitant ainsi la pêche d’autres types de poisson plus lourd, qui ne se collent pas au xeito, le petit étant rendu à la mer lors du processus manuel de sélection.
Bien que la sardine soit commercialisée toute l’année, c’est en été que l’on enregistre les plus grandes prises et en plus c’est l’époque où elle acquiert une plus grande teneur en graisse et plus de saveur.
C’est à Portosín qu’on apporte le plus grand volume d’enchères de sardine en Galice, suivi par son importance par Ribeira puis de près par Vigo, où des bateaux d’autres ports galiciens arrivent à la criée.
La pêche côtière, comme la pêche en haute mer, sont des piliers fondamentaux de l’économie galicienne et la source principale de revenus de nombreuses familles.
On la réalise proche de la côte, d’où son nom, avec de petites embarcations et des méthodes artisanales nommés aussi arts mineurs. Normalement, on la pratique pendant toute une journée, en revenant au port tous les jours. Ils sortent habituellement tôt le matin, aux aurores, et les prises sont mises aux enchères chaque jour dans la criée du port.
Chaque matériel de pêche a une technique adaptée au type de poisson que l’on veut prendre, il y a ainsi plus de 40 matériels ou arts autorisés. On peut les diviser en art à l’hameçon, le filet de senne, la pêche au chalut, la senne coulissante, les pièges, la pêche aux fruits de mer (à pied ou depuis l’embarcation) et la plongée.
Normalement, les arts de la pêche au chalut sont principalement utilisés pour la pêche en haute mer, mais il y a des matériels de tirage de filet qui sont propres aux arts mineurs et à la pêche côtière, tel que le chalutier à perche et le tirage. Ce sont des matériels tirés depuis l’embarcation, qui ratissent le fond marin pour capturer la coquille Saint-Jacques, la palourde et autres.
La flotte de pêche se basant au port de Baiona possède 70 embarcations, y compris une auxiliaire (Données du Registre de Navires de Pêche de Galice 2019) avec des longes variant de 3,85 mètres pour les embarcations artisanales les plus petites jusqu’à plus de 14,30 mètres pour les plus grandes. De plus, les pêcheurs de fruits de mer à pied font partie du collectif de pêcheurs, également utilisateurs du port.
La plus grande partie de la flotte est constituée de bateaux de petit tonnage destinés aux arts mineurs, au filet de senne, aux matériels avec hameçon et nasses. Dans une moindre mesure, elle est représentée par une embarcation de services auxiliaires destinée exclusivement au service auxiliaire de l’embarcation principale de loisir qu’elle sert ; et un bateau dédié à l’art de la palangre dans les zones de pêche internationales.
La sardine commune ou européenne est un poisson bleu d’eau salée qui appartient à la famille des Clupéidés, s’agissant de sa seule espèce. Le corps de cet animal est allongé, avec des petites dents et le dos se fait remarquer pour sa couleur gris foncé, bleue et argentée. Son ventre est blanc avec des tons argentés et les nageoires sont sans couleur.
La sardine à la braise est très célèbre dans la cuisine galicienne. Sa campagne commence le 31 mai et elles sont très sollicitées le 24 juin, le jour de la Saint-Jean, tant à Baiona que dans d’autres communes de la côte elles se mangent pour célébrer le San Xoán.
Pour pêcher la sardine à Baiona, on emploie deux arts de la pêche : la pêche au chalut et la senne coulissante. Le premier, comme son nom l’indique, consiste à tirer un filet de grande taille sur le fond de mer, de manière à ce que les sardines restent emprisonnées dans le filet. De nos jours, cette technique n’est plus tant utilisée, pouvant causer des dommages irréparables sur d’autres organismes situés sur le fond marin, comme, par exemple, les coraux. L’autre art de la pêche, la senne coulissante, consiste à entourer un banc de sardines avec un grand filet, puis à le fermer pour que les sardines restent prisonnières à l’intérieur.